Synopsis

Une mère d’origine haïtienne, un jeune camerounais à la maîtrise et une étudiante rwandaise racontent leur cheminement vis-à-vis de l’homosexualité, et la façon dont ils ont choisi d’aller au-delà des apparences et des étiquettes pour découvrir les personnes qui se cachent derrière.

Vidéo intégrale

Au-delà des images

Fiche technique

2014 | Canada (Québec) | 20 min 12 s
Langue : Français VO
Sous-titres disponibles : Français – Anglais – Néerlandais – Patwa jamaïcain – Créole haïtien
Scénariste et réalisateur : Laurent Maurice Lafontant | Idée : Solange A. Musanganya | Avec : Florence Joseph, Dorothy Rhau, Sylvain Nomo & Erykah Gasaïda Werner | Production et distribution : Arc-en-ciel d’Afrique, avec l’aide financière du Bureau de Lutte contre l’Homophobie du Gouvernement du Québec | Éclairage et montage : Stefan Verna | Communication : Anthony Plagnes Paya.
Bonjour,
moi c’est Sylvain.
Je vis à Montréal depuis 1997 et je viens du Cameroun, plus précisément du Yaoundé. Je viens de compléter une maîtrise en droit international portant sur la question de l’intégration régionale en Afrique, donc du panafricanisme.
Je suis
Dorothy.
Je suis d’origine haïtienne, née au Québec, grandi à Saint-Michel. J’ai travaillé dans les ressources humaines. Et depuis trois ans, je suis humoriste. Et je m’amuse à rigoler. Je prends la vie comme elle vient.
Je m’appelle Érykah.
Je suis d’origine rwandaise. Ça fait 12 ans que je suis au Canada dont 8 à Montréal.

Au-delà des images

La première fois que j’ai entendu parler de l’homosexualité, ça remonte à mon enfance quand mon père me racontait des histoires bibliques.
J’avais quatorze ans, je venais d’arriver ici au Canada et c’est mon père qui m’en a parlé de façon indirecte quand même, c’est-à-dire que il m’a dit : « Voilà, au Cameroun, tu pouvais te promener main dans la main bras dessous, bras dessus avec tes amis, tes amis garçons, mais ici … ça ne se fait pas, c’est pas bien vu. »
Je lui ai demandé pourquoi.
Il m’a tout simplement dit : « Ben, c’est juste comme ça, tu apprendras par toi même. Je te dis juste que ça ne se fait pas. »
Depuis que le monde est monde, l’homosexualité a toujours existé et même dans la bible qui l’a condamnée également aussi.
Quand je suis arrivé au secondaire, il y avait des gens qui avaient des homosexuels dans leur famille et qui en parlaient ouvertement. Donc, moi je les regardais étrangement comme « erg… tu as des homosexuels dans ta famille. »
Moi, je me pensais tellement cool parce que nous, on n’a pas ça.
Comme dit mon cousin « on a de tout dans la famille sauf des homosexuels ou peut-être qu’il y en a mais qui reste encore dans le placard. »
Au Rwanda, ce qui était très courant, c’est que les homosexuels ne sortaient jamais du placard.
Ils se mariaient, avaient des enfants, se conformaient aux mœurs et gardaient leur homosexualité secrète.
Fin école primaire, début école secondaire où les termes « pédés » étaient souvent utilisés ou même encore lesbiennes.
Mais c’était souvent associé au fait… un pédé c’était un garçon efféminé.
Pis une lesbienne, c’était une fille qui avait des traits de garçons manqués comme on disait à l’époque.
Je n’ai jamais cherché à savoir pourquoi c’était répugnant ou pourquoi l’homosexualité c’était mal parce que moi, on m’a enseigné ainsi, je veux dire que j’ai eu une éducation religieuse. Et chez nous, on a des protestants, catholiques, des témoins de Jéhovah, des musulmans et tout le monde avait le même son de cloche en ce qui concerne l’homosexualité.
Faut dire qu’avant, avant, je dirai même avant J-C, avant Jésus-Christ, j’étais…j’avais des valeurs chrétiennes, j’étais une enfant qui était élevée dans ce milieu.
Donc c’est sûr que pour moi, l’homosexualité était quelque chose qui était condamnable.
Par la suite, après J-C, quand je suis tombée dans le péché, quand j’ai goûté le fruit, c’est sûr que ma vision a changé.
Quand il s’agit de mon frère, sa sortie du placard officiel, il l’a fait à peu près, à l’âge de 14 ans.
Mais disons que la famille était au courant depuis en bas âge, parce que mon frère a quand même eu la chance de grandir dans une famille ouverte.
Et il n’a pas eu de problèmes à s’exprimer de temps en temps, c’est juste qu’on lui a laissé choisir son moment pour officialiser son coming-out.
Là j’ai commencé à comprendre, à avoir une autre vision. Et je vous avouerai sincèrement, c’est quand… quand j’ai assisté au festival Massimadi. Et là je me trouvais dans un milieu d’homosexuels.
Et là je me suis dis « Écoute Dorothy, c’est ridicule.
Pourquoi les gens ont tant de préjugés, pourquoi les gens sont autant intolérants ou bien manifestent même de la haine vis à vis ces gens-là ?
Qu’est-ce qu’ils nous ont fait de mal? Je veux dire ce qui se passe dans la chambre à coucher des gens, ce n’est pas de nos affaires.
Que vous aimez les hommes, que vous aimez les femmes, que vous mangez que du poulet, c’est pas notre problème ça. Moi ce qui est important, ce sont les valeurs, qu’on se respecte.
Je crois en un Dieu d’amour. Donc pour moi, un Dieu d’amour ne condamne pas l’homosexualité.
Oui, il est écrit dans la bible, mais je crois sincèrement que ça, ce n’est pas notre travail à faire. C’est le travail de celui qui est en haut.
Moi, je pense que la religion, c’est une philosophie qui aide les gens à s’améliorer, à inclure plus de personnes, à inclure plus de cultures, à avoir une vision un peu plus ouverte.
Je pense que si on devait interviewer Dieu aujourd’hui, je ne pense pas qu’il dirait je choisis d’accepter cette personne-là versus cette personne-là parce que s’il crée les gens et il a créé les homosexuels, ce n’est pas pour les rejeter.
Pourquoi, on ne devrait pas respecter un homosexuel, sur quoi on se base, parce qu’on se fie sur son orientation sexuelle ? De la même manière que le racisme, on se base sur la race.
Il y a une chose que j’aimerais voir, au Rwanda particulièrement, la reconnaissance de l’homosexualité dans les mœurs traditionnelles.
Pour les rites du mariage, c’est les fiançailles, où il y a, aujourd’hui, on le fait que pour le spectacle, où il y a des négociations entre la famille qui demande la main et la famille de la personne dont la main est demandée.
En général, c’est la famille de la fille versus la famille du gars, où la famille de la fille invite toutes sortes d’excuses, pour garder leur fille et ne pas la donner à n’importe qui. Au fait, il faut que l’homme la mérite.
Si un jour, je peux assister au même rite pour un mariage homosexuel, ce sera l’accomplissement.
Maintenant j’agis contre l’homophobie
Je donne 5$ aujourd’hui pour encourager la création d’outils comme Au-delà des images pour lutter contre l’homophobie et les discriminations dans nos communautés.
Au-delà des images est un outil pédagogique destiné à être visionné publiquement.
Nous pouvons vous aider à créer un atelier de visionnement.