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Décès de Georges Kanuma
par
Emmanuel

Vendredi, 16 Avril 2010 10:51
Georges Kanuma est mort, âgé de 38 ans, cet
ardent défenseur des droits des homosexuels,
des droits de l’homme et infatigable
militant de la lutte contre le sida au
BURUNDI militait auprès de l’ANSS.
Les larmes devraient envelopper et exprimer
notre peine.
Georges est mort à Bujumbura, capitale du
Burundi.
Il avait besoin d’une dialyse.
Il n’y a pas d’appareil de dialyse à
Bujumbura.
Les mêmes larmes devraient dire notre
colère.
Colère contre ces chefs d’Etats qui
préfèrent acheter des chars plutôt que des
appareils de dialyse.
Si Georges pouvait être soigné avec des
armes, il ne serait pas mort. Le Burundi
n’en manque pas.
Colère contre ces chefs d’Etats qui
préfèrent savoir que tel hôpital français
pourra les accueillir. De l’hôpital à leur
porte, ils ne se soucient guère.
Colère contre ceux qui ont promis de
consacrer 15% de leur budget à la santé. Il
est vrai que dans leur monde, les promesses
n’engagent que ceux qui y croient.
Les larmes qui aujourd’hui nous soulagent ne
doivent pas nous faire oublier que si
Georges est mort, nous ne devons pas accuser
la fatalité. Elle n’a que peu à voir
là-dedans. Elle n’a jamais commandé
d’acheter des chars au lieu d’investir dans
la santé. Tout ce qu’on peut lui reprocher,
c’est d’avoir fait naitre Georges dans un
pays qui croit que se protéger est mieux que
soigner les siens.
Georges est mort et de toute façon, je
refuse de pleurer. Le combat pour la santé
sera notre refuge et le seul hommage que
nous pourront rendre à sa vie, à lui qui au
combat aura perdu la sienne.
«Celui qui combat peut perdre, mais celui
qui ne combat pas a déjà perdu» disait
Bertolt Brecht. Georges était un combattant.
De ceux qui croient que les droits humains
doivent être les mêmes pour tous. De ceux
qui venu de la marge peuvent changer le
centre. Il a combattu et il n’a pas perdu.
D’autres vont continuer ce combat parce que
la vie vaut qu’on y consacre la sienne.
Mach-Houd KOUTON (association AIDES)
Voir le témoignage de Georges Kanuma ici

IGLHRC Staff Members Chivuli Ukwimi and Cary
Alan Johnson, Nigerian Activist Ifeanyi
Orazaulike, and Georges
Kanuma at Pre-Conference workshop on
LGBT and HIV Programs, Nairobi, Kenya, 2009
Message d’adieu à Georges Kanuma
Cher Georges,
J’ai connu ton père, j’ai connu ta mère, je
t’ai vu grandir. Ma fille a presque ton âge
et j’ai l’âge d’être ta mère. C’est donc un
grand déchirement de te voir partir si tôt
alors qu’un avenir prometteur s’offrait à
toi
Lorsque je t’ai revu en février 2009, tu
étais devenu un homme calme mais déterminé
qui avait déjà tracé son chemin. Tu m’as
raconté ton histoire, ton combat pour les
droits des gays ou tout simplement les
droits humains, ton combat pour l’égalité et
la justice pour tous. Tu m’as parlé de ta
lutte pour faire évoluer et changer les
mentalités .
Nous avions prévu d’éditer ensemble un
numéro d’Echos séropos d’ici et d’ailleurs
dont le thème serait « l’mpact de
l’homophobie africaine dans la lutte contre
le sida ». Tu recueillais les témoignages de
là bas et moi les analyses d’ici.
J’étais vraiment fière de me battre avec toi
et les autres jeunes pour un rêve d’ un
monde meilleur et juste pour chacun dans ton
beau pays. Un monde où chacun aurait une
place au soleil sans être brimé pour son
orientation sexuelle.
Saches que même si tu es parti, tu restes
dans nos coeurs et ton empreinte de courage,
de force, de détermination pacifique est
solidement ancrée pour donner une impulsion
plus forte à tous ceux qui hésitaient et à
ceux qui se battent auprès de toi pour
briser les barrières de l’intolérance.
Reposes en paix, la lutte contre
l’homophobie africaine et la sérophobie perd
un grand militant.
Tata Jude
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