COMMUNIQUE DE PRESSE
LE PRÉSIDENT DU MALAWI PARDONNE LE COUPLE GAI EN
PRISON DEPUIS PLUS DE 5 MOIS.
Photograph Reuters by Eldson Chagara
Montréal, samedi le 29 août 2010 - Arc-en-ciel d
Afrique salue le pardon présidentiel, immédiat et
inconditionnel de la part du président de Malawi
Bingu wa Muthandika accordé hier au couple gai en
prison.
Steven Monjeza 26 ans et Tiwonge Chimbalanga 20 ans,
le couple gai du Malawi qui avait été condamné à
quatorze ans de prison depuis la semaine passée, à
été pardonnés hier par le président malawien
actuellement à la tête de l'Union Africaine Bingu wa
Mutharika qui a annoncé la nouvelle hier, en
compagnie de Ban Ki-Moon, le secrétaire des Nations
Unies en visite au Malawi.
"Nous accueillons chaleureusement cette décision du
président de Malawi" s'est réjouit Alexis Musanganya,
directeur général d'Arc-en-ciel d'Afrique, un
organisme qui vient en aide aux gais, lesbienne,
bisexuels et transgenres d'origine africaine et
caraibéenne au Québec depuis 5 ans. "Ce geste de la
part du leader de l'Union Africaine, devrait
souffler un vent positif à la majorité des pays
africains qui continuent de criminaliser des
relations intimes entre personnes de mêmes sexes".
Monjeza et Chimbalanga avaient été arrêtés et
emprisonnés en décembre dernier après avoir organisé
la cérémonie traditionnelle et publique chinkhoswe,
considérée au Malawi comme un mariage coutumier,
réunissant membres de familles et amis. Ils sont
passés devant la cour le 18 mai 2010 et ont été
condamnés à 14 ans et de dur labeur, le juge ayant
appliqué les articles 153 et 156 du code pénal de
Malawi. « La condamnation que je vous inflige est
destinée à faire peur afin de protéger le public de
gens comme vous pour que nous ne soyons pas tentés
de reproduire cet exemple horrible », a affirmé le
juge Nyakwawa Usiwa Usiwa, cité par l’AFP.
Le président du Malawi a insisté, dans sa
conversation avec Ban, qu'il a pris la décision
d'accorder la grâce à ce couple pour des raisons
simplement humanitaires; qu'il ne s'est pas laissé
influencer par la pression extérieure des pays
donateurs. En effet ceux-ci avaient condamné à
l'unisson la décision du tribunal. La coalition des
églises Malawiennes MCC avait pour sa part pris
position en accord avec le tribunal, qualifiant la
relation de Steven et Tiwonge contre la culture,
contre la religion et contre la loi du pays.
Les organisations des droits de la personne, des
organisations de lutte contre le VIH-SIDA aussi bien
au Malawi qu'à l'extérieur, se rejouissent de la
nouvelle de la libération du couple et en profitent
pour ouvrir le débat sur l'inconstitutionalité des
lois criminalisant l'homosexualité en Afrique. "Bien
souvent, les décideurs en Afrique nient l'existence
des communautés homosexuelles. Quand ils les
reconnaissent enfin, ils refusent de faciliter la
mise en place de programmes de lutte contre le
VIH-SIDA ciblant les homosexuel(le)s. Cette décision
du président est bien saluée car elle constitue un
pas vers l'ouverture du peuple malawite et une
considération aux efforts pluralistes de lutte
contre le VIH-SIDA dans ce pays d'Afrique hautement
touché par le virus." a dit Carlos Idibouo, le
responsable du comité VIH-SIDA au sein d'Arc-en-ciel
d'Afrique et membre fondateur d Arc-en-ciel Plus, le
premier organisme de defence de droits des gais en
Côte d'Ivoire.
La semaine passée la vedette holliwoodienne Madonna,
qui a adopté deux enfants au Malawi, avait déclaré
sur son site Internet « être choquée » et «
attristée » par la décision du tribunal malawite. «
J’appelle les hommes et les femmes progressistes du
Malawi – et dans le reste du monde – à contester
cette décision au nom de la dignité humaine et des
droits égaux pour tous »
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