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Mot de la
semaine : "Les
homosexuels ne sont pas un problème mais une partie de la
solution." Steave Nemande, président
d'Alternative Cameroun. |
17 mai 2009 : Journée
internationale de lutte à l'homophobie
Dans
le cadre de la Journée Internationale contre l’homophobie, Arc en ciel
d’Afrique a tenu un kiosque au métro Berri-UQAM le dimanche 17 mai 2009
de 10h à 13h. Une douzaine de membres de l’organisme ont ainsi distribué
aux usagers du métro des dépliants ayant pour thème «L’homosexualité n’a
pas de frontières» conçus par la Fondation Émergence, de même que des
autocollants «Non à l’homophobie» tout en dansant sur des rythmes
africains! Plus de 300 personnes ont été approchées.
Ensuite, en après-midi, nous nous sommes joints à GRIS Montréal ainsi
qu’à d’autres organismes LGBT ethnoculturels pour un grand rassemblement
au parc Lafontaine. Dès leur arrivée, plusieurs membres d’Arc en ciel
d’Afrique ont été abordés par les journalistes, immédiatement
interpellés par les couleurs vives qu’ils portaient et curieux de
connaître la mission de l’organisme. Un peu plus tard, deux membres se
sont rendus sur le stage, l’une pour faire la présentation d’Arc en ciel
d’Afrique et l’autre pour livrer un touchant témoignage des difficultés
qu’il a rencontrées au Cameroun. Plusieurs autres organismes LGBT
ethnoculturels ont également pris la parole pour expliquer leur mandat
et exprimer la nécessité de leur existence au sein de la communauté LGBT
de même que dans leurs communautés respectives où l’homosexualité est
bien souvent encore taboue et réprimée. Finalement, chacune des
personnes ayant intervenu a prononcé «Je suis homosexuel(le)» dans sa
langue maternelle et a lancé dans la foule un ballon représentant un
globe terrestre, symbolisant ainsi le fait que «l’homosexualité n’a pas
de frontières». Plusieurs chaines de télévisions ont couvert
l'événement.
Bref, cette journée fut, malgré le froid, une belle expérience de
visibilité pour Arc en ciel d’Afrique!
Sabrina Paillé
Coordonatrice
Arc en ciel d’Afrique
LECTURE

Douala, Cameroun, 2006
Le vice président d'ADEFHO "Association pour la DEFence des Droits des
HOmosexuels" met au défit la constitutionnalité du code punissant les
homosexuels au Cameroun.
L’article 347 bis du Code
Pénal du Cameroun sur « l’Homosexualité »
Lorsqu’on ouvre le
Code Pénal Camerounais, édition 2001, il décline son origine législative
en vous donnant les références des lois qui l’ont fait naître. Il s’agit
des
- Loi n° 65-LF-24 du 12 novembre 1965
- Loi n° 67-LF-1 du 12 juin 1967.
Lorsqu’on se rend
à l’article 347 bis, page 303 du Code Pénal, intitulé « HOMOSEXUALITE »
(« Est puni d’un emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une amende
de 20.000 à 200.000 francs toute personne qui a des rapports sexuels
avec une personne de son sexe. »)
On lit, juste après « Homosexualité », que ledit article décline
lui-même son origine, en indiquant entre parenthèses, qu’il n’est pas
issu du Législatif comme le sont et doivent l’être tous les articles du
Code Pénal, mais qu’il est issu d’un autre géniteur, qui n’est autre que
l’exécutif, et décline son identité sous la forme d’une ordonnance. Il
s’agit de
- L’Ordonnance n° 72-16 du 28 septembre 1972.
Ainsi,
l’article 347 bis du Code Pénal n’a pas été voté par le Parlement et
n’est donc, par conséquent, pas une loi de la République.
Or que dit notre Constitution, dans le TITRE IV : sur les RAPPORTS ENTRE
L’EXECUTIF ET LE POUVOIR LEGISLATIF ?
A l’article 25, il est clairement énoncé que l’initiative des lois
appartient concurremment au président de la République et aux membres du
Parlement.
Cependant l’article 26 précise et délimite le champ d’application
exclusif de chacun, pour respecter le sacro-saint principe de la
séparation des pouvoirs sans laquelle il n’existe aucune démocratie.
Ainsi, l’alinéa 6
du même article, attribue à la loi votée par le Parlement,
« …la détermination … des crimes et délits, et l’institution des peines
de toute nature, la procédure pénale, la procédure civile, les voies
d’exécution, l’amnistie… »
L’exécutif ne peut et ne doit interférer dans ce domaine réservé en se
substituer au Pouvoir Législatif. .
Enfin, lorsqu’on se réfère à l’ordonnancement juridique du Cameroun,
l’on a dans un ordre décroissant les traités et conventions
internationales légalement ratifiées, ensuite, la constitution, les
lois/ordonnances et enfin les règlements constitutifs de décrets,
arrêtés, circulaires.
Le principe de Légalité des textes sous tend que le juge ne peut faire
appliquer une loi et prononcer une peine que si le texte sur lequel il
se fonde est conforme aux normes juridiques supérieures.
Inversement, lorsqu’un individu est poursuivi devant la juridiction
répressive, et qu’il invoque l’illégalité du texte, c'est-à-dire son
irrégularité ou sa non-conformité aux normes juridiques qui lui sont
supérieures, le juge ne pourra le condamner sur la base dudit texte.
On dit alors que le texte manque de base légale, tout comme l’article
347 bis qui est un texte irrégulier, non conforme aux normes
supérieures, et qui viole ce principe de légalité ; et de ce fait ne
peut servir de base pour des poursuites, encore moins pour des
condamnations.
La Constitution n°123 du 22 avril 2008, de même que toutes les
Conventions et Traités signés et ratifiés par le Cameroun, consacrent
le principe de la protection des minorités, et de l’égalité des droits
fondamentaux pour tous, reprenant ainsi la Déclaration universelle des
Droits de l’Homme de 1948, dont relève la vie privée, qualifiée de
« sacrée », par le Chef de l’Etat lui-même, qui en est le garant , dans
son discours radiotélévisé à la Jeunesse Camerounaise le 10 Février
2006, en pleine affaire de « LISTE DES TOP 50 HOMOSEXUELS AU SOMMET DE
L’ETAT !
Dans ce discours, il rappelle les bases d’une société de démocratie, de
liberté et de progrès : «… La société de liberté et de progrès que nous
nous efforçons de bâtir implique l’attachement commun aux institutions
démocratiques que nous mettons en œuvre et le respect de l’Homme dans
ses droits les plus fondamentaux et les plus sacrés…Aussi n’est-il pas
acceptable…de spéculer sur les vices et les vertus de quelques uns,
portant ainsi atteinte à leur vie privée et à leur honorabilité…La
liberté d’écrire et de communiquer comporte des limites qu’imposent le
respect de la vie privée et de l’ordre public… »
De tout ce qui précède l’on peut conclure à l’iniquité et l’illégalité
de l’article 347 bis : illégal, anticonstitutionnel, anti-conventions
internationales, et qui ne peut pas servir de base ni pour des
poursuites, ni pour des condamnations.
Aussi soutenons-nous, et de plus fort, que l’homosexualité n’est pas une
infraction dans notre Pays, ce n’est pas un crime, ce n’est pas un
délit, parce qu’aucune loi, votée par nos députés au Parlement, n’existe
pour lui donner cette nature.
Sébastien MANDENG
Vice Président ADEFHO
Une
vie bien lointaine
par Yvan Honorat
photos: Stéphane André
Être
présent au Mardi Gras de Sydney est une chose à faire au moins une fois
dans sa vie de gay ou de straight, aucune discrimination pour ce plus
gros événement gay au monde, c’est un peu comme se rendre à la Mecque
pour un Musulman… il faut le faire pour espérer rencontrer Prescilla la
Queen divine du désert.
Une parade de nuit qui aura réuni cette année plus de
350.000 spectateurs, une organisation de 200 bénévoles qui ont fait un
travail incroyable pendant plus de 4 heures pour que ce Mardi Gras 2009
se déroule dans les meilleures conditions.
Cette année le comité organisateur avait décidé d’utiliser
le thème des « Nations United » pour rassembler et défendre les droits
des gays, lesbiennes, transgenre du monde entier.
Cette année, la parade sera donc divisée en 7 sections –
une pour chaque continent. « Comment allons nous représenter cela, tout
simplement en association à chaque continent la plus grosse bataille
qu’il mène pour défendre leur droits » précise Liz Dods (Co-Chair en
charge de la parade). L’Afrique du sud sera représenté avec le mariage
gay, l’Europe avec comme point de mire, tous contre le Pape et la
pression religieuse, les Etats Unies pour défendre la légalisation du
mariage Gay (qui va encore rester dans le dogme du pas dit pas su),
l’Australie avec la reconnaissance des droits aux couples de même sexe (
quasiment incroyable d’avoir attendu si longtemps pour le faire) et la
jeunesse, l’Antarctique pour dire que ce continent existe aussi (?) et
pour finir l’Afrique que le comité a, sans doute, et je suis sûr sans
aucune arrière pensée, associé au Sida. …
Quant aux pays Arabes où se situent-t-ils ? Le mystère
demeure! Nous avons demandé une explication de Liz Dods mais sa réponse
est restée très confuse à ce sujet et plutôt embrumé ….Disons que la
vision géopolitique de l’Afrique n’est pas un point fort des Australiens
!
Quant à associer Afrique et Sida … disons que l’on peut
mieux faire. Au contraire des nombreuses rumeurs ou articles, le Sida
n’est pas le plus gros fléau qui touche l’Afrique mais bien le paludisme
suivi par les conflits armés et les détournements de fonds et qui
rendent l’Afrique ce quelle est aujourd’hui. Alors encore une fois, on
ne peut pas vraiment en vouloir à l’Australie puisque celle-ci ne compte
aucune association d’aide à l’Afrique et reste très peu impliqué dans
des mouvements humanitaires de défense des droits à travers le monde et
encore moins des gays Africains.
Mais alors, comment le continent africain allait-il nous
apparaître pendant ce défilé magique ? Les attentes sont là et les
questions aussi, enfin une organisation qui pense à inviter l’Afrique à
son défilé, une organisation qui va afficher à la vue de milliers de
spectateurs et des millions de téléspectateurs que OUI l’homosexualité
existe aussi sur le continent Africain.
Finalement le lancement officiel de la parade est lancé par
Matthew Mitcham le médaillé olympique d’or Australien…les chars
commencent la montée de la rue Oxford, bastion du gay land de Sydney,
les applaudissements, les cris, les confettis, la foule heureuse de voir
défiler sous leurs yeux d’enfants, policiers, pompiers, associations
diverses et variés, danseurs, surfeurs de parade, pingouins de cire et
dragqueens asiatiques.
Le moment temps attendu est là, la flotte du continent
Africain approche …pas loin, j’entends les tambours, je suis ému …..et
comme un bouffée de chaleur un sentiment de misère m’envahit. Rien à
dire, même rien à décrire! Les joueurs de tam-tam sont blancs, les
drapeaux Africains inexistants et aucun représentant de la belle Afrique
n’est là pour faite honneur à ce continent.
Le slogan « Nations United » reste à ce moment précis vide
de tous sens. Où est passé ma belle Afrique ou sont les Africains, les
danses, les sons, les couleurs, la chaleur ?
Ce char ressemble à un bloc de glace roulant.
Si l’intention y était, l’esprit y était absent.
Désolé à vous tous gay africains d’Afrique et tous les
autres, qu’il n’est pas su vous rendre hommage comme il se doit, qu’il
n’est pas su faire transpirer votre douleur à être et vivre avec cette
différence qui fait de vous ce que vous êtes, fort et courageux.
Désolé que personnes n’est eu l’idée géniale de vous
inviter à quitter votre Afrique pour venir parler de ce qui vous arrive,
des tortures que l’ont vous inflige et de cette discrimination qui vous
oblige à vivre cacher et malheureux.
Je suis en colère contre vous Africain de Montréal ou qui
avez la chance de vivre dans un monde dit « libre », arrêtez de vous
cacher la face, de ne sortir qu’entre vous et vous isoler des autres.
Vous tous Africain d’ici unissez vous car il est temps de vous faire
entendre et de rapporter les mots de vos amis, amants qui sont restés au
pays faute de pouvoir se payer un billet d’avion ou un visa … Il est
temps de vous prendre par la main et de bouger, de vous faire entendre,
de vous faire voir puisque, à l’évidence aucune organisation ni
personnes ne pourra le faire à votre place.

Yvan Honorat
photos: Stéphane André
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